Chef Chez Vous : la création graphique d'une PME romande, sans designer ni agence

Rémi L.

Responsable des contenus en rapport avec le marketing et la com’

Chef Chez Vous, PME de Suisse romande, a refait toute sa communication avec Heysimon, sans designer interne ni agence.

7 minutes de lecture

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En bref

  • Chef Chez Vous est une PME de Suisse romande, sans designer interne ni agence attitrée. Son gérant, Erwann, vit en Suisse depuis une vingtaine d'années.
  • Le point de départ : une identité graphique vieille de dix ans, et vingt-sept appels à des freelances qui n'ont abouti à rien.
  • Ce qui a été produit : site web, cartes de visite, papier à lettres, visuels photo et vidéo, catalogues clients, et jusqu'à la sérigraphie du fourgon.
  • Le vrai enseignement : la refonte terminée, l'entreprise a gardé le dispositif pour faire évoluer sa communication en continu plutôt que d'attendre dix ans de plus.

Chef Chez Vous, PME de Suisse romande, a refait l'intégralité de sa communication sans recruter de designer ni passer par une agence : site web, cartes de visite, papier à lettres, visuels photo et vidéo, catalogues clients et sérigraphie du véhicule de l'entreprise. Le cas intéresse toutes les PME romandes coincées dans la même position : trop petites pour recruter à 70 000 CHF l'année, trop actives pour se contenter d'un freelance ponctuel, et hors de portée des budgets d'agence locaux. Erwann, son gérant, raconte le parcours dans la vidéo ci-dessous, et il dit deux ou trois choses que nous n'aurions pas osé écrire nous-mêmes.

« J'ai 27 casquettes, et dans une journée il y a 24 heures »

C'est la phrase qui résume la condition du dirigeant de PME, et elle vient de lui.

« Je suis chef d'entreprise, j'ai 27 casquettes dans l'entreprise. Mais il y a un moment, dans une journée il y a 24 heures. Là, on a réellement besoin de professionnels. »

Le problème d'une PME face à sa communication n'est presque jamais un problème de goût ou d'ambition. C'est un problème d'arbitrage du temps. Un gérant qui gère la production, les clients, les fournisseurs, les recrutements et la trésorerie sait parfaitement que ses supports visuels méritent mieux. Simplement, aucune journée ne lui offre les six heures nécessaires pour s'en occuper sérieusement, et aucune journée ne lui impose non plus de le faire. Le sujet reste donc éternellement en dessous de la ligne de flottaison des priorités.

C'est aussi ce qui distingue une PME d'une entreprise structurée. Dans une organisation dotée d'un service marketing, quelqu'un a pour mission de porter ce sujet. Dans une PME, personne ne l'a, et ce n'est pas un défaut d'organisation : c'est la conséquence arithmétique d'un effectif réduit.

Le point de départ : une identité vieille de dix ans

« On avait une identité graphique qui était là depuis 10 ans. »

Dix ans, c'est le temps qu'il faut à une identité négligée pour devenir un handicap commercial visible, et c'est précisément parce que la dégradation est lente que personne ne réagit. Aucune journée ne rend le logo soudainement obsolète. Il vieillit d'un jour chaque jour, la carte de visite reste imprimée telle quelle parce qu'il en reste un carton, et le site continue de fonctionner. Cette accumulation silencieuse porte un nom, la dette graphique, et elle se comporte exactement comme une dette financière : elle ne fait pas mal tant qu'on ne la rembourse pas, et elle coûte de plus en plus cher à solder.

Le déclencheur, quand il arrive enfin, est presque toujours extérieur. Un concurrent mieux présenté, un client qui fait une remarque, un devis perdu face à quelqu'un qui inspire davantage confiance. Chez Chef Chez Vous, c'est l'envie de refaire l'image de la société qui a fini par l'emporter, après dix ans de statu quo.

Vingt-sept coups de téléphone : le coût caché de la recherche

Voici le passage du témoignage qui nous paraît le plus instructif, et il décrit un coût que personne ne compte jamais.

« Il y avait plein de freelances dans la communication qui étaient capables de faire ça. J'ai passé 27 coups de téléphone. Au bout d'un moment, moi j'avais besoin d'une solution qui était rapide, qui était simple. J'avais pas envie d'aller passer des heures et des heures de rendez-vous pour que ça commence. »

Remarquez la formulation : le problème n'était pas de trouver quelqu'un de compétent, il y en avait « plein ». Le problème était le coût d'entrée dans la relation. Vingt-sept appels, des rendez-vous à caler, des briefs à réexpliquer à chaque interlocuteur, des devis hétérogènes à comparer. Tout ce travail se produit avant que la moindre création ne commence, il est intégralement à la charge du dirigeant, et il n'apparaît sur aucune facture.

C'est, à notre avis, la vraie raison pour laquelle tant de PME repoussent leur refonte. Ce n'est pas le prix des prestataires qui bloque, c'est le prix du parcours pour y accéder. Une PME renonce parce qu'elle n'a pas la ressource pour organiser une consultation, pas parce qu'elle refuse de payer un designer. Toute solution qui supprime cette étape supprime le blocage, et c'est exactement ce que décrit Erwann ensuite.

« Leur principe d'abonnement à la Netflix, ça donne juste envie d'aller à fond. »

Ce qui a réellement été produit

Le périmètre du chantier vaut la peine d'être détaillé, parce qu'il montre l'étendue réelle de ce que recouvre « refaire sa communication » pour une PME.

« Le site web, les cartes de visite, le papier à lettres. On a fait pas mal de visuels aussi, en vidéo et en photos, pour la communication sur écran. Les catalogues de communication pour les clients. On a sérigraphié le fourgon. On a vraiment tout refait, toute la communication. »

Du digital à l'imprimé, du support commercial au véhicule de l'entreprise. C'est typiquement le genre de liste qui, découpée en projets séparés et confiée à des prestataires différents, produit une communication incohérente : un site dans un style, des cartes dans un autre, un fourgon qui ne ressemble à rien de tout ça. Le traiter comme un flux continu auprès d'une même designer garantit au contraire la cohérence, parce que la connaissance de la marque s'accumule au lieu de repartir de zéro à chaque pièce.

Un mot sur la sérigraphie du fourgon, parce que c'est un détail révélateur. Pour une PME de terrain, un véhicule est un support de communication qui circule toute la journée dans sa zone de chalandise. Il est pourtant presque toujours le dernier à être traité, parce qu'il n'entre dans le périmètre naturel d'aucun prestataire digital. Le fait qu'il figure dans la liste dit quelque chose du dispositif : quand la capacité créative est déjà financée, on cesse d'arbitrer pièce par pièce et on traite enfin les supports qu'on repoussait.

Le vrai basculement : du projet au flux

C'est le moment le plus important du témoignage, et il intervient après la refonte.

« Quand la base a été faite, on s'est dit : on va continuer avec Heysimon, ça va nous permettre d'avoir toujours quelque chose de frais, de toujours pouvoir évoluer dans notre métier. Si demain je fais un food truck, je pourrai toujours demander qu'on me fasse les visuels pour le food truck. »

Erwann est venu pour un projet et il est resté pour une capacité. C'est exactement la bascule que le modèle rend possible, et elle est plus déterminante que le chantier initial. Une refonte classique produit un pic de qualité suivi d'une lente dégradation : on repart pour dix ans de dette graphique, jusqu'au prochain sursaut. Une capacité permanente supprime ce cycle. La communication évolue au rythme de l'entreprise, et le jour où une nouvelle activité apparaît, il n'y a pas de nouveau projet à monter, juste une demande à déposer.

Le calendrier confirme d'ailleurs ce choix mieux que n'importe quelle déclaration : Erwann laissait son premier avis public à l'automne 2022, et tournait ce témoignage vidéo près de deux ans plus tard, la collaboration toujours en cours. Une refonte se juge à la livraison ; une capacité se juge à sa durée de vie.

Cette phrase sur le food truck en dit long. Elle décrit une entreprise qui a cessé de considérer le design comme un investissement exceptionnel à provisionner, pour le traiter comme une ressource disponible. Le rapport au sujet change complètement : on n'arbitre plus « est-ce que ça vaut le coup de faire faire ce visuel », on le demande.

« Faut lâcher le freelance qui est à l'autre bout du monde »

Deux passages, enfin, sur la confiance, et ils se répondent.

« Au départ, j'y croyais pas trop, et puis après j'étais vraiment surpris. On a tous vu sur internet plein de choses, on nous vendait du rêve. Mais là, j'ai quand même la satisfaction d'être tombé sur quelque chose qui tient la route. »

Le scepticisme initial est sain, et il est particulièrement répandu en Suisse, où un tarif nettement inférieur au marché local déclenche d'abord la méfiance. Nous préférons d'ailleurs cette posture à l'enthousiasme immédiat : un client qui teste avant de croire est un client qui reste.

« Faut y aller les yeux fermés. Faut lâcher le freelance qui est à l'autre bout du monde, qui connaît pas le marché français. »

C'est lui qui pose la distinction, pas nous, et elle est au cœur du sujet pour une entreprise romande. Il ne s'agit pas de choisir entre local et étranger, mais entre un prestataire qui partage votre marché, votre langue et votre fuseau horaire, et un prestataire lointain pour qui vos références ne veulent rien dire. Chez Heysimon, les designers sont français et seniors, sur le même fuseau que Genève ou Lausanne, avec les codes du marché européen en commun. Les modalités concrètes d'une collaboration depuis la Suisse, facturation et fiscalité comprises, sont détaillées dans notre guide sur le travail avec un prestataire créatif français.

« Ça a été super rapide. Ils ont un portail qui est super intuitif. On se répond, on se parle, il y a vraiment un réel échange qui se fait au travers de ce portail. »

Un signal mérite d'être souligné, parce qu'il est rare. Nos deux clients suisses, que tout oppose par la taille et le secteur, insistent spontanément sur la même chose : la relation directe. Erwann parle d'un échange réel avec la designer à travers le portail ; Alexandra Z., responsable marketing chez Piguet Galland, banque privée, souligne que « la collaboration et la communication sont faciles avec la designer à travers la plateforme ». Ce n'est pas une coïncidence : c'est la conséquence d'un choix d'organisation. Aucun chef de projet ne s'insère dans la boucle, le Creative Operations Manager pilote la capacité à côté d'elle. Un lien se noue avec la personne qui produit, et c'est ce qui permet au designer de conseiller au lieu de seulement exécuter.

Ce que ce cas dit aux autres PME romandes

Trois enseignements nous paraissent transposables au-delà de la restauration.

Ce qui bloque n'est pas le talent disponible, c'est le coût d'entrée dans la relation. Il ne manque pas de bons graphistes en Suisse romande, Erwann en avait trouvé « plein ». Ce qui lui manquait, c'était un accès à ce talent qui ne réclame ni vingt-sept appels, ni série de rendez-vous, ni comparaison de devis. Quand ce format existe, un chantier repoussé depuis dix ans se débloque en quelques semaines.

La refonte n'est pas la fin, c'est le début. L'erreur la plus coûteuse consiste à traiter sa communication par à-coups décennaux. Une PME qui garde une capacité modeste mais permanente obtient, sur cinq ans, un résultat très supérieur à celle qui investit une grosse somme une fois puis laisse tout vieillir. Et c'est plus facile à financer, parce que la dépense est lissée et prévisible.

Le scepticisme est un bon réflexe, à condition de pouvoir le tester à faible risque. Erwann n'y croyait pas et a essayé quand même, parce que l'engagement était réversible. C'est la vraie fonction d'une formule mois par mois : permettre de vérifier avant de s'engager, plutôt que de demander de croire sur parole.

À l'autre extrémité de notre portefeuille suisse, Piguet Galland illustre le cas inverse : une banque privée qui dispose de ses propres designers et utilise Heysimon comme extension créative pour absorber le surplus de ses équipes. Une PME sans aucune ressource créative et un établissement financier équipé, la même formule, des cadences radicalement différentes. C'est ce que permet un abonnement à cadence ajustable : chacun ne finance que sa propre capacité.

Combien de projets graphiques repoussez-vous depuis plus de six mois ? C'est généralement le meilleur indicateur, bien plus que le budget disponible. Réservez un appel avec Heysimon : nous regarderons votre volume réel ensemble, et si un indépendant romand vous convient mieux, nous vous le dirons franchement. Pour comparer toutes les options chiffres en main, voyez notre grille de décision pour les entreprises suisses, et pour le panorama complet du marché romand, notre guide sur l'externalisation de la création graphique en Suisse romande.

FAQ

Comment une PME suisse gère-t-elle sa création graphique sans designer interne ?

Trois options s'offrent à elle : le recours ponctuel à un graphiste indépendant, l'agence de communication locale, ou l'abonnement créatif à coût mensuel fixe. En Suisse, où un designer salarié représente 70 000 à 100 000 CHF de salaire annuel et une agence 120 à 200 CHF de l'heure, une PME au budget contraint mais aux besoins réguliers se tourne souvent vers la troisième formule, qui transforme une dépense variable et imprévisible en charge mensuelle connue.

Pourquoi les PME repoussent-elles la refonte de leur communication ?

Rarement par manque de budget, le plus souvent par coût d'entrée. Trouver le bon prestataire demande des recherches, des appels, des rendez-vous et des devis à comparer, un travail invisible que le dirigeant doit fournir avant même que quoi que ce soit ne commence. Comme aucune journée n'impose de trancher, la décision se reporte, et l'identité vieillit sans que personne ne décide de la laisser vieillir.

Peut-on refaire toute sa communication avec un abonnement design ?

Oui, en découpant le chantier en demandes successives plutôt qu'en un projet unique. Chef Chez Vous a ainsi refait son site web, ses cartes de visite, son papier à lettres, ses visuels photo et vidéo, ses catalogues clients et jusqu'à la sérigraphie de son fourgon. L'avantage du format est que le budget reste identique quel que soit le nombre de pièces produites dans le mois, dans la limite de la cadence du forfait.

Que se passe-t-il une fois la refonte terminée ?

C'est le moment de bascule le plus intéressant. Beaucoup d'entreprises arrêtent, et l'identité recommence à vieillir. D'autres transforment le dispositif de refonte en capacité permanente, ce qui leur permet de faire évoluer leur communication au rythme de leur activité plutôt que par à-coups tous les dix ans. Chef Chez Vous a choisi la seconde voie et a poursuivi la collaboration après le chantier initial.

Combien coûte la création graphique pour une PME en Suisse romande ?

Un graphiste indépendant facture 80 à 180 CHF de l'heure, soit environ 640 à 1 440 CHF la journée. Une agence de communication romande se situe entre 120 et 200 CHF de l'heure, avec des identités visuelles de 10 000 à 30 000 CHF en agence de branding. Un abonnement créatif démarre à 990 € HT par mois chez Heysimon, soit l'ordre de grandeur d'une seule journée de freelance suisse.

Les citations de cet article sont transcrites du témoignage vidéo d'Erwann, gérant de Chef Chez Vous, enregistré en septembre 2024. Ponctuation et orthographe rétablies pour la lecture, propos inchangés.

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